Celle qui sourie

Juin 2019 —

J’ai participé à un atelier sur le thème de la cicatrice. L’intervenante nous avait donné des petites poupées en chiffon neutre, et nous avait demandé d’y inscrire nos cicatrices. Peinture, collage, couture, dessin… nous avions au choix tout un panel de techniques pour marquer notre poupée.

J’ai pris ma poupée de tissus, ai commencé à l’agraffer, puis la couper et très rapidement un besoin de mutilation s’est mis à l’oeuvre entre mes mains. Perforation, destruction, j’étais prise par une transe de violence. Découper son sexe, transpercer son coeur, exploser son crâne et quel plaisir de planter mon aiguille dans son cou pour lui coudre un cordon de silence. Je m’auto-hallucinais sur la quantité de haine qui sortait de moi, et le plus inconfortable, c’était cette ENVIE de lui faire du mal.

Au bout d’une demi heure, l’exercice s’est terminé. J’ai repris ma place dans le cercle, me suis assise. La rage était sortie et je me retrouvais maintenant face à cette poupée mutilée. En la regardant calmement, je réalisais soudainement ce que j’avais fait.

Oui, cette poupée avait subit un génocide corporel et pourtant j’avais pris le temps de lui dessiner deux yeux soigneusement maquillés. J’avais fardé ces deux joues de rose, et surtout je lui avais dessiné un grand sourire où il était inscrit « parler et rire ».

Je découvrais en une journée l’étendue de la colère en moi mais aussi ce joli masque-sourire que j’avais appris à porter.

Septembre 2019 —

Je suis à Nantes, à l’occasion d’une journée de coaching de groupe. Notre coach nous a programmé une séance de photomorphose. Un shooting photo où l’important n’est pas l’image qui se présente à l’appareil, mais bien ce que nous ressentons. Partir du fond et découvrir quelle forma cela prendra, et puis comment je me sens avec cette forme ?

Sur le canapé, Cécile, la photographe, nous demande avec quoi nous voudrions repartir de cette séance. Inconsciemment, quelque part dans ma tête, j’ai ma photo de profil en tête. Autoportrait pris de trois quart, grand sourire, regard franc. Je le connais bien ce sourire, c’est le seul sourire photogénique que je me connaisse.

De mémoire, la plus vieille photographie de moi avec ce sourire, j’avais 15 ans en colonie de vacances. Mais je le retrouve aussi sur mes photos à 16 ans en Espagne, 18 ans au Togo, 20 ans au Maroc. L’ancêtre du sourire Instagram en somme. Le dernier date de janvier. J’avais besoin d’une photo pour une interview. J’étais enceinte de 7 mois. Mal dans mon corps, mal à ma place. C’est pas grave. Sourire de trois quart ça passe.

Et là, Cécile nous demande avec quoi on veut repartir ? Le masque de bonheur de ma poupée me saute à la figure. Mais physiquement. Pendant que mes acolytes de coaching parlaient chacune à leur tour, je pouvais sentir, sur mon propre visage, les micro-contractions de mes muscles faciès, mes zygomatiques prêts à se tendre dans un sourire figé. Comme une couche de plâtre posé sur mon visage.

Vous vous doutez bien que j’ai alors choisi d’explorer une autre piste. Cette séance photo, du coup, a été ultra challengeante pour moi. Comment je bouge, comment je me présente, si je n’ai pas ce joli masque – sourire sur la figure ? Je me suis sentie gauche, effleurant parfois ma vulnérabilité, parfois non. Je ne suis pas non plus complètement à l’aise avec les photos qui ont été prises. Me voir dans cet autre chose, que je ne connais pas encore.

Déposer le masque, c’est compliqué dans notre société. Dire « ça fait mal », on nous a appris que ça ne se faisait pas. A l’école, on nous a appris à rentrer dans les rangs. Se conformer, se taire quand on en chie. Et puis plus tard, on nous apprend comment être des salariés modèles. Ne pas mélanger la vie privée et la vie professionnelle. 

Et puis un jour, c’est être Soi qui ne se fait plus. Tout simplement. 
Alors oui dans ce cadre là, créer une entreprise à son image est le chemin le plus flippant à prendre. 

C’est sur ce chemin que j’avance. Et c’est aussi sur ce chemin que je propose de t’accompagner. 
Si tu es une femme, une maman, une entrepreneuse, si, comme moi, tu es un être humain complètement imparfait et que c’est ça qui est bon. Et si tu as à coeur de créer une entreprise à l’image de ton humanité, alors je peux t’accompagner à construire une communication à l’image de ce que tu es aujourd’hui.

Si tu es curieuse et que tu souhaites en savoir davantage sur mes offres, je t’invite à faire un petit tour par ici
Si tu es vraiment motivée, et que tu souhaites en parler de vive voix avec moi, contacte moi  en me décrivant ton projet. Et si tu souhaite recevoir mes articles directement dans ta boite mail, c’est par ici !

Je te souhaite une toute belle journée,

Elodie

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