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Petite, j’étais créative et nulle en sport. Je ne sais pas d’où cette idée m’était sortie, mais c’était un fait. A école, on m’appelait pour faire des dessins pas pour jouer au ballon prisonnier. Ni pour jouer au loup d’ailleurs. Non, moi je dessinais, j’inventais des histoires, je vivais dans mon monde, et j’étais nulle en sport.

Si j’étais plutôt bonne élève, j’avais scrupuleusement une mauvaise moyenne en EPS, me cantonnant au groupe des nulles. J’étais tellement nulle en sport qu’un jour (enfer et damnation), j’ai, de manière complètement inexpliquée, explosé tous mes scores et que je me suis retrouvée dans le groupe des forts. 

Oui messieurs, dames, vous m’avez bien entendu, le groupe des forts. J’étais en 5ème, c’était le premier cours d’endurance du trimestre. Le prof nous faisait courir un test pour déterminer si on serait dans le groupe des nuls ou le groupe des forts. Ce jour là, je ne sais pas par quelle erreur de la nature, j’ai été hyper performante, et je me suis retrouvée dans le groupe des forts.

« Mais non Monsieur ! c’est pas possible ! je suis trop nulle en sport ! je peux pas être dans le groupe des forts Monsieur ! J’vous jure j’y arriverais pas » 

Véridique. Je suis allée voir le professeur et je l’ai supplié de ma faire changer de groupe. Ses arguments de confiance en soi ou autres tentatives de raisonnement ne seront pas arrivés à bout de ma ténacité : « je suis nulle en sport j’vous dit !  » et le professeur a capitulé et m’a remis dans mon groupe, le groupe des nuls.

Petit saut dans le temps, j’ai maintenant 15 ans. Je suis une adolescente bien établie et je suis toujours nulle en sport. Tellement nulle en sport, que, pour bouger, mon corps a dû inventer un stratagème machiavélique : être toujours en retard. 

Et bien oui, quand vous devez rentrer à 19h chez vous, qu’il est justement 19h, mais que vous êtes toujours à Lyon (soit à 30km de chez vous) et que le dernier bus pour rentrer chez vous est à 19h24, je peux vous dire qu’en tant qu’ado, on est capable des plus grands exploits. Je savais donc précisément qu’en arrivant à Bron – hôtel de ville à 19h16, si je courrais vite, très vite, très très vite, je pouvais avoir mon bus à 19h24 aux sept chemins. J’ai vérfié : de Bron hôtel de ville aux Sept chemins, il y a 2,4km. Parcouru en 8 min, ça fait une moyenne de 21km/h. Mais ça c’était Ok c’était pas du sport, juste attraper un bus. 

L’année du bac, j’ai finalement dû admettre que je n’étais pas si nulle. J’étais dans les meilleures en course. Le jour du bac, j’ai eu 14/20, mais si j’avais assumée d’être bonne en sport j’aurais pu faire pêter les scores. C’était une épreuve où l’on devait fixer nos objectifs avant la réalisation de l’épreuve. La professeure nous avait prévenu que le jour du bac, sous l’effet de l’adrénaline, nous serions beaucoup plus rapide qu’à la normal, et qu’il fallait donc voir nos objectifs à la hausse. Je ne l’ai pas cru. Je ne pouvais pas passer de « je fais déjà un bon score » à « je fais un score méga excellent ». Pourtant elle avait raison. Le jour du bac j’ai eu l’impression de faire un marathon de grand-mère pour coller à mes objectifs clairement trop bas. Si je l’avais écouté, si j’avais eu confiance en ma capacité à relevé un défi, si j’avais osé y aller, j’aurais pu exceller sans forcer, juste en étant moi-même. 

Par la suite j’ai pratiqué beaucoup de ski, de roller, yoga, natation, ect… Pourtant c’est seulement cet été que j’ai enfin assumée  d’être sportive. Qu’est ce que ça change, concrètement ? Dans les faits ?  Pas grand chose.

Oui pour avoir accouché en avril dernier, ma pratique sportive, cet été, s’est limitée à ma rééducation de périnée. 
Encore aujourd’hui, elle se cantonne à la marche et la natation. Concrètement, je suis très loin des 21km/h de mes 15 ans. Pourtant je me considère beaucoup plus sportive qu’à cette époque. Le vrai changement, il est dans mon positionnement. Oui j’y vais progressivement, en respectant la courbe de progression de mon corps, je pratique régulièrement et surtout je m’autorise à le faire par plaisir, je m’autorise à avoir des objectifs, et je me donne les moyens pour atteindre ces objectifs. Et ça, ça change tout. 

La différence fondamentale entre cette jeune fille qui passe son bac et la trentenaire que je suis aujourd’hui, c’est qu’aujourd’hui je sais que j’en suis capable. C’est juste une question de préparation, d’entrainement et de joie de vivre.

Accepter d’être sportive, c’est accepter d’aimer les challenges, aimer l’intensité. C’est foutre au garage tout un tas de croyances limitantes. les « non je n’ai pas envie de sortir » ou « non ça va me fatiguer ». C’est aussi s’autoriser à prendre du temps pour ces activités. 

Et toi ? Quelle part de toi même as-tu envie d’enfin reconnaitre ?
Partage moi ta réponse en commentaire !

Belle journée à toi,

Elodie

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