Bonjour à toi, cher.e lecteur.rice passioné.e,

Pour les plus perspicaces, vous aurez remarqué que je ne vous ai pas envoyé de newsletter depuis… le mois de mars, oui. Comme tout le monde, j’ai bien entendu traversé un confinement pleins d’enfants et de devoirs à la maison, mais j’ai surtout enchainé avec l’hospitalisation de mon papa en urgence, et j’ai concrètement eu beaucoup d’autres choses à gérer.

Maintenant que la houle s’apaise, je peux donc reprendre une navigation plus légère et pour cette newsletter j’avais envie de vous faire voyager un peu et de passer un cap.

Je ne sais pas vous, mais moi, lorsque l’on me parle de Cap, j’ai des images de Cap de Bonne Espérance ou de Cap Horn à base de Marco Polo et de Magellan. Passer un cap, c’est aborder une navigation un peu sensible, à la croisée de deux courants opposés, c’est passer d’un océan à un autre, du connu à l’inconnu, le tout si possible entre des falaises acérées, avec des vents violents (sinon ce n’est pas drôle).

Je me suis donc plongée dans les vies de Christophe Colomb, Magellan ou encore Francis Drake, et j’ai trouvé passionnant de voir à quel point leur vie et leurs expéditions étaient de beaux exemples d’entrepreneuriats ! Allez c’est parti, on embarque !

tPasser un cap, c’est aborder une période plus sensible, un peu compliquée, parfois à base de courants traitres et de falaises. C’est aussi, aborder une nouvelle phase de son projet. On passe d’un univers que l’on connais, à quelque chose de nouveau où il va falloir apprendre pleins de nouvelles choses. Si cette perspective est excitante, elle peut cependant faire aussi un peu peur.

Il y a une question que je me suis posée : que se passe-t-il avant de passer un Cap ? Parce que oui, jusqu’à preuve du contraire, nous ne passons pas de notre canapé au cap de bonne espérance comme ça en un claquement de doigt. Et c’est d’ailleurs plutôt une bonne chose, sinon nous n’y serions pas préparé.

Donc que ce passe-t-il avant de passer ce cap ?

La première chose, c’est qu’il faut l’avoir rêvé. Oui. Concrètement, si du fond de ton canapé, tu t’aies toujours dis que le fond de ton canapé était plutôt cool, et bien soyons réaliste : tu n’arriveras même pas au port de Marseille pour partir. Donc la toute première étape est de le rêver et la seconde qui arrive juste après : être persuadé que c’est possible de le réaliser.      

Maintenant que tu as décidé d’organiser ton tour du monde, et bien avant d’arriver au détroit de Magellan, il y a un sacré taf à faire.             

D’abord s’assurer de tes compétences. Si tu as vingt ans de marine derrière toi, très bien, si ce n’est pas le cas, il va falloir songer à apprendre à naviguer, car sans ça, tout le reste sera impossible. Il va donc falloir que tu te formes et que tu PRATIQUES pour acquérir l’assurance et les performance nécessaires. Et pour la pratique ya rien à faire, tu commenceras forcément mousse quelque part pour apprendre sur le tas.

Une fois que tu as gravi tous les échelon de la marine et que tu as fais tes preuves sur un bateau, il va tout de même falloir trouver un mentor qui veut bien financer ton expédition ( et selon faire jouer ton réseaux, ton expérience et tes talents de négociation pour le persuader du bien fondé de ton projet !), ensuite monter un équipage de matelot, s’entourer de la bonne équipe de tête (cartographes, astrologues, co-pilote et j’en passe) , s’assurer du matériel (bateaux, vivres, cartes et engins de navigation), le tout en déviant les tentatives de sabotage des autres navigateurs ou monarques jaloux. Et donc là seulement, tu es prêt.e à partir. 

Maintenant tu vas pouvoir mettre en pratique ce que tu as appris, et ce que tu envisageais. Pour l’instant tu es encore en terrain connu : l’océan atlantique. Bien des navigateurs sont passé avant toi. Il n’empêche qu’il faut déjà gérer son équipages, trouver les bon courants, se repérer dans l’espace grâce aux cartes et aux étoiles, avec un peu de chance tu as quelques pirates à mettre en échec ou une petite mutinerie à régler, et quoi qu’il en soit tu vas devoir faire face à l’imprévu.

C’est une étape hyper importante car c’est elle qui va permettre de huiler les rouages : rectifier ce qui ne va pas, apprendre à s’organiser en fonction des protagonistes présents, assoir ton leadership, etc. Si cette phase teste n’existait pas, à la première tempête, tous les angles mort te sauteraient à la figure et toi et ton équipe courreraient au naufrage.

 

Te voilà enfin prêt et voilà que par un beau matin du mois de Novembre (on est dans l’hémisphère sud donc en plein printemps), une terre se dresse face à ton navire. Grande, élevée, les falaises asséréés. Le courant s’y fait plus fort, comme entrainé dans un sillon, ton instinct de navigateur est aux aguets : tu sais. Tu sais que face à toi se dresse une terre nouvelle, tu sais que ce passage tant recherché est là devant toi. A partir de maintenant c’est ton instinct qui va jouer. Pas ton instinct tout seul, on est bien d’accord, ton instinct et toute ta pratique béton de ses dernières années, mais pour déjouer les courants soudains qui tentent de te fracasser sur un rocher, les vents traites qui pousse ta voile du mauvais coté, le tout en terrain parfaitement inconnu dans un espace de découverte constant, oui dans ses condition ton instinct de navigateur sera d’une grande aide.

Durant un mois, tes bateaux vont traverser ce détroit. Un mois de vigilance constante, un mois avec la foi absolue que ce passage resserré aura forcément une fin et que derrière lui se cache ce que tu espères tant trouver : une nouvelle route vers les Indes. C’est une période de confusion et d’ignorance absolue. En vrai rien ne te dit qu’il y a bien passage, peut être que tu t’es planté depuis le début, et qu’il n’y a pas de passage. Mais si tu regarde bien rationnellement : et alors ? S’il n’y a pas de passage, tu te trouveras face à un cul de sac et tu auras ta réponse. Tu pourras faire demi tour. 

Je te parle de cet espace de flou, de confusion qui demande une grande confiance et une grande détermination, car dans l’histoire de Magellan, il se trouve que dans le détroit, un de ses bateaux a justement fait une mutinerie pour faire demi-tour et retourner en Espagne : Ils avaient trop peur. Il s’agissait de marins et capitaines tout aussi compétents en navigation que Magellan, mais ils n’avaient ni son ambition, ni sa détermination. Magellan lui a tenu bon et après un mois de navigation à taton, il a finalement traversé le détroit qui porte aujourd’hui son nom, et pour la première fois de l’histoire un homme et son équipage ont navigué sur cette nouvelle route des Indes.

Soyons bien d’accord : une fois que tu auras passer le cap, tout est encore à faire. Un nouvelle espace de la taille de l’océan pacifique s’ouvre à toi, et autant le dire, tu auras pleins de nouveaux espaces à explorer, de nouvelles choses à apprendre, finalement ce n’est qu’un commencement. 

Ce que je retiens de cette histoire c’est que :
– Si tu veux agir grand, il faudra d’abord rêver grand.
– ensuite il faudra te former et pratiquer. accepter de débuter quelques part pour progresser de ouf ensuite.
– Traverser un cap peut être une zone de flou, confusion et remous ménage intérieur, mais cela t’ouvrira de nouveaux horizons.
– Si les compétences et l’expérience sont absolument nécessaires dans ton corps de métier, ce qui fera finalement la différence c’est ta capacité à gérer efficacement les périodes de crise.

Et toi que retiens-tu de cette expédition ? 
En te souhaitant un bon été et magnifiques cap à passer !

Elodie