La grossesse, ce truc qui vient remettre toute ta vie en question.

J’ai accouché de mon premier enfant il y a 6 ans et demi. J’ai mis très longtemps à me relancer professionnellement derrière, car je vivais, avec quelques part dans ma tête, la peur de lancer un projet professionnel et de devoir à nouveau tout arrêter à cause d’une seconde grossesse.

Forcément c’est ce qu’il s’est passé. Je me suis lancée dans ma formation de yoga, j’avais trouvé un chouette travail d’intervenante art plastique dans une asso qui accompagne les enfants avec le yoga et la créativité. Et là, BIM ! Déménagement sur Lyon et seconde grossesse.

Pour moi la grossesse, c’est un gros bouton Reset. Une épreuve hyper éprouvante physiquement et psychiquement. Un truc dont je sors complètement essorée. J’ai détesté la première, j’ai détesté la seconde. Et je suis très heureuse de pouvoir laisser cette partie de ma vie derrière moi. 

Une grossesse — je pense que toutes les mamans s’accorderont sur ce point — c’est une grosse transformation. Et quand tu es artiste, transformation ça veut dire : revoir tout ton travail. Non je ne peux pas dessiner comme avant l’air de rien.Tout à changé dans ma vie, et par conséquent, je suis obligée d’accepter la transformation dans ma création aussi. 

J’ai donc accouché de mon second enfant il y a 10 mois.  Dix mois où ma question a été : bon et maintenant comment je reprends ? Qu’est ce que je crée ? 

Je suis passée par des phases d’ultra dénigration de moi-même ( Alias « tu es trop nulle, tu n’arriveras jamais à rien »), de gros syndrome d’imposteur (putain, et s’ils remarquent qu’en fait je bullshit grave?), le tout en changeant de projets à la vitesse de la lumière. Dis mois a essayer de me chercher, me définir.

Alors qu’en fait la transformation est déjà faite. Elle est là. Quand je regardes mes illustrations de ces quelques derniers mois, je remarque qu’un nouvel univers a émergé. Il est encore frêle. Mais il est là. C’est pas toujours évident pour moi. C’est un peu comme regarder son corps en post grossesse. On aimerait bien avoir notre silhouette d’avant, mais en fait non. C’est pas mieux, c’est pas moins bien, c’est juste différent et on a pas encore pris l’habitude.

Et bien ma création c’est pareil. Quelque part, Jen’y peut rien, je ne peux pas être autre chose que ce que je suis.

Pour cette année 2020 donc, j’apprends donc à accepter une certaine forme de rythme naturel. Quand un enfant nait, il nait avec son caractère, il a néanmoins besoin de temps pour le déployer. Il en va de même pour un projet artistique : besoin de temps pour trouver sa place et se déployer.

Quand on crée, on aimerait que, tout de suite, ça en jette grave. Direct avoir le CV qui claque, genre  « Regardez j’ai bossé avec toutes les boites méga cool, et on demande mes prestations internationalement ». C’est un peu comme si on demandait à un enfant de naitre et d’avoir tout de suite 10 ans. Ce serait se priver des joies du chemin et de l’évolution. Ce serait ne pas avoir de bases suffisamment solides pour accompagner cet enfant aussi.

Accepte les rythme de la vie.   
Pour cette année 2020, je vais donc pouvoir : 

Accepter que pour l’instant j’ai très peu d’heures de travail disponibles. Pour l’instant j’ai une demi journée de vraiment disponible par semaine et c’est OK ! En une demi journée, j’ai le temps d’écrire cette newsletter et de faire une illustration par semaine. 

Reconstituer mon univers graphique : produire suffisamment de contenus pour avoir une base solide à proposer à mes futur.e.s client.e.s.

Accepter qu’il faudra passer par les deux points ci-dessus AVANT de pouvoir démarcher et créer des projets concrets et rémunérés. 

( Oui, oui j’aimerai aller plus vite, mais je ne peux pas ! )

Je profite aussi de cette newsletter pour te présenter mes illustrations et inspirations du moment : des totems et des amérindiens. Je me suis réveillée un matin avec une envie monstre de voir des totems en vrais. J’ai donc rajouté sur ma liste des trucs à faire un jour : Aller à Gwaii Hanaas. Gwaii Hanaas, c’est un bout de terre dans l’océan entre Vancouver et l’Alaska, territoire du peuple Haïda. Les Haïdas se sont battus dans les années 80 pour la conservation des espaces naturels de leurs ancêtre et ont obtenu la création d’un parc naturel. Entre ours, otaries, totems, kayaks et paysages grandioses, ça à l’air tout bonnement magnifique. Donc à faire un jour.

En attendant, je dessine au gré de mes inspirations totems et paysages américains. La première illustration (tout au dessus), ce sont des montagnes sacrées dans la réserve sioux de Rosebud. C’est l’une des réserves les plus pauvres des Etats-Unis où règne violence, alcool et dépression — on est bien loin du joli tableau new age à base de gardiennes de la lune et de sweat Lodge.

La seconde (ci-dessous) représente des totems. Je me suis inspirée de plusieurs totems différents, mais d’une manière générale, ils se localisaient dans la région de Vancouver au Canada. Les Totems, comme grand nombre d’art traditionnel dans le monde, ont été pillé par les colons et vendu aux quatre coins du monde comme jolie oeuvre d’art.

Hors pour les amérindiens, les totems ne servaient pas simplement de jolie décoration devant leur maison. Ils étaient inaugurés lors de cérémonies sacrées et honoraient les ancêtres ainsi que l’histoire de leur peuple. Depuis plusieurs années, heureusement, un système de restitution des arts ancestraux a été mis en place, et certains peuples indiens ont pu récupérer certaines pièces pillées dans le passé.

Voilà pour ma pensée du jour !
Je suis curieuse : Tu es maman ? Tu créer au quotidien ? Comment as-tu vécu et accompagné les transformation de la maternité ? Réponds en commentaire! 
Je te donne RDV dans un mois dans une newsletter sur le thème de la documentation dans la création.

En attendant, je te souhaite une toute belle journée,

Elodie

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