Sélectionner une page

Bonjour à toi,

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de création. Comment mettre en place un système durable qui te permettra de créer de manière régulière et surtout d’avoir une marge de progression dans ta pratique ?

Pour commencer, plantons un pieu dans le mythe du créateur. Ce mythe selon lequel un artiste aurait une aura divine qui lui tomberait sur la tête lorsqu’il crée. Donc déjà partons sur de bonnes bases : Non aucune lumière divine ne t’atteindra lorsque tu dessineras. Ne l’attend donc pas trop longtemps, sinon tu ne commenceras jamais !

Qu’est ce qu’un artiste (j’entends par là : une personne qui vit de ses prestations artistiques) met-il en place pour créer au quotidien ? Et que peux-tu mettre en place pour créer un système qui te soutient dans ta création ?

Etant moi-même illustratrice, cet article sera bien entendu axé sur la création graphique !

La première chose qu’un artiste fait pour créer, c’est qu’il ouvre un espace-temps d’action. Cette espace temps varie en fonction de ton degré d’investissement dans ton activité artistique : Oui bien sûr, un artiste professionnel aura forcément un espace-temps dédié à son activité très développé. Une peintre qui vit de ses expositions aura un atelier pour peindre et stocker ses toiles, et consacrera un temps complet à la création de ses peintures, mais aussi à la promotion de ses peintures, au développement de ses contacts, à la mise en place de ses expositions, à la vente de ses oeuvres, etc… 

MAIS ce n’est pas parce que vous n’avez ni un atelier ni un temps plein à disposition que vous ne pouvez pas créer. 1/2h d’écriture tous les soirs, c’est de la création. Une après-midi par semaine pour dessiner, c’est de la création. A mon sens, le plus important pour commencer, c’est la régularité. Ton espace-temps créatif n’a pas besoin d’être grand, il a besoin d’être régulier. Si tu prends une journée entière tous les six mois, ou si tu décides de créer seulement quand un élan créatif te vient, tu n’auras aucune marge de progression.

Si en revanche, tu décides de consacrer une après-midi par semaine à la création, la première fois tu produiras un dessin. Peut-être sera-t-il satisfaisant, peut-être pas ( et cela n’a en fait aucune importance). Par contre, pendant toute la semaine, ton esprit se préparera à cette prochaine séance. Comme tu auras déjà pratiqué, il cherchera peut être un sujet d’inspiration, ou si tu n’étais pas contente de ta technique, tu regarderas peut-être des tutos pour t’aider, et quoi qu’il en soit, même si tu ne fais rien du tout, ton corps assimilera ton expérience passée. Et quand, la semaine suivante, tu te retrouveras devant ta feuilles blanche, tu auras déjà progressé. Là est la clef de la création. Plus tu seras régulière, plus tu feras de progrès.

Une fois que tu as mis en place un espace-temps de création régulier, expérimente. Va là où ton vécu te mène. Tu reviens d’un super week-end à la campagne et ce matin, tu as envie de dessiner des fleurs ? dessine des fleurs. Aujourd’hui, tu n’as pas du tout envie de dessiner parce qu’il fait super beau et que tu voulais sortir ? Prend un carnet de croquis et va dessiner dehors. Cette fois-ci, tu n’as pas du tout le moral parce que ta grand-mère vient de décéder? Broie donc du noir à coup d’encre de chine.

L’avantage de se laisser porter par l’instant présent, c’est qu’il t’amène vers de nouvelles expérimentations à chaque fois : tester de nouveaux sujets et pourquoi pas de nouvelles techniques ? Donc au début de chaque temps de création, prends le temps de te poser un instant et demandes-toi : Que suis-je aujourd’hui ? Qu’est ce qui me porte aujourd’hui ? Comment puis-je utiliser cette matière première pour créer ?

Je peux te donner des exemples personnels très concrets : Quand j’ai eu une envie folle de voyager au Canada, j’ai dessiné des totems. Quand je me sens en mood yoga, je dessine une yogini dans une posture qui m’inspire. Et pour être complètement honnête : il m’arrive même de n’avoir aucune idée et donc de dessiner ce qui se trouve devant moi (une plante sur mon bureau par exemple). Et oui c’est tout simple : l’inspiration ne me vient pas d’une illumination soudaine, mais de ce que je vis au jour le jour. Et plus c’est simple, mieux je me porte !

Avec cette première phase de création, l’important est d’expérimenter : le résultat n’a AUCUNE importance. Sors toi l’envie de réaliser un joli dessin. L’important ici, c’est d’essayer différents sujets : sors de ta zone de confort ! Si tu ne dessines que des fleurs, dessine un humain. Si tu ne dessines que la nature, essaye donc de dessiner une belle architecture. Tente également plusieurs technique : le dessin, l’aquarelle, crayons de couleur, etc… 

En expérimentant ainsi, tu vas te rendre compte qu’il y a certaines choses que tu adores et qui sont simples pour toi. D’autres plus compliquées qui te challengent. Cela va te permettre d’affiner ta connaissance de toi. Quelles sont tes points forts ? Tes points faibles ? 

Avec le temps, tu vas peu à peu comprendre comment tu fonctionnes. Quels sont les horaires où tu préfères créer ? Pendant combien de temps es-tu efficace ? Quels sont les sujets qui te font vibrer ? Quelle technique pratiques-tu avec aisance ? De combien de temps je dispose pour créer ? En répondant à toutes ces question, tu vas pouvoir construire un système de création. 

Je te donne mon exemple : Ces derniers temps, je dessine des illustrations au stylo brush pentel — le pentel est une marque de stylo, notamment connue pour son stylo brush noir, largement inspiré des pinceaux à calligraphie japonais. Concrètement, je maitrise tout un tas de techniques différentes : la gouache, l’acrylique, l’aquarelle, le crayon de papier… pourquoi celle-ci en particulier ?

Parce que je me concentre sur ce qui est important pour moi en ce moment :
       – Le stylo pentel a un tracé fluide et tonique à la fois. J’adore sentir la courbe du trait se dessiner sous mes doigts.
       – Parce que c’est une technique de dessin rapide, et qu’en ce moment j’ai peu de temps de création devant moi.
       – Comme c’est une technique facile et agréable pour moi, je peux me concentrer sur autre chose que la technique : Qu’est ce que j’ai envie de dessiner ? Qu’est ce qui me touche ? 
       – Parce que cette technique nécessite très peu de matériel ( un stylo qui tient dans une poche) et que je peux dessiner n’importe où.
       – Parce que j’aime l’ancrage/l’encrage et la similitude que le noir créer entre ces deux mots.

Et vous remarquerez que la réponse  » parce que je trouve ça joli  » n’existe pas ! Je ne créer pas un système qui fait joli, je créer un système qui me fait du bien  ! La création, c’est comme dans la vraie vie : c’est parce que tu te sens bien que tu vas pouvoir rayonner autour de toi !

A noter, bien sûr, que ces réponses sont mes réponses à moi, et qu’elles mettent en place MON système. Mais vos réponses peuvent être hyper variées : je peins à l’aquarelle parce que j’adore la sensation aquatique. J’aime réaliser de longues illustrations car j’adore l’état contemplatif dans lequel je me mets lorsque je les réalise. Je me rends compte que j’adore dessiner les plantes, ou les humains, ou… Il y a autant de réponses que d’être humains. L’important est de trouver ce qui te fais du bien à toi !

Et à quoi te sert ce système de création ?

1) Ne pas perdre de temps et d’énergie lorsque tu n’as pas d’inspiration. Petit exemple concret : Je suis un être humain comme tout le monde. Parfois je suis motivée, parfois pas. Si un jour de création commence par un absolu manque d’inspiration, je commence par me rappeler mon système : Ok je réalise une illustration au pentel. Qu’est ce que je peux dessiner ? Tiens la plante verte sur mon bureau. OK c’est parti. C’est un gain considérable de temps ! Si je n’ai pas une once de système en place, je vais me noyer dans le « je sais pas quoi faire » et ma journée sera terminée.

2) Donner un cadre à ton travail et donc lui donner de la force
Un système, mis en place dans la durée, va donner une direction graphique à ton travail et donc le rendre reconnaissable ! Si au début, il est hyper important d’expérimenter pour trouver ce qui te parle le plus, concentrer ensuite ta création va lui donner de l’ampleur et du caractère.

3) Ton système de création va t’aider à digérer tes inspirations
La documentation et l’inspiration sont des étapes normales de toute création. Ces inspirations peuvent se trouver dans notre quotidien, nos voyages, la nature et aussi dans le travail des autres. C’est tout naturel et c’est même chaudement recommandé ! Scroler les comptes Instagram d’illustrateurs renommés fait parti de mes distractions préférées. Le risque lorsque l’on est encore débutant, c’est de plagier (oh le vilain mot) ou tout simplement de se laisser distraire et de créer quelque chose qui ne nous ressemble pas vraiment. Avoir une bonne connaissance de ton système de création va te permettre de digérer toutes ces inspirations : Qu’est ce qui m’a plu dans ce que j’ai vu ? Pourquoi ? Que puis-je garder de tout ça ? Et comment je le retranscris ?

Ce système bien entendu n’est pas une routine figée. C’est d’abord une connaissance de soi et de sa manière de créer qui va se peaufiner avec la pratique. Elle évolue, se transforme et se nourrit. 

Tu l’auras compris, la création c’est d’abord et avant tout se donner l’espace pour et pratiquer. Et plus c’est simple, mieux c’est ! Maintenant je suis curieuse : as-tu déjà un système de création en place ? Quel espace crées-tu pour dessiner/peindre/créer ? Comment peux-tu le faire évoluer ? Partage moi tes réponses en commentaire !

Et si cette newsletter t’a plue, pense à la partager autour de toi, c’est un petit coup de pouce bien venu pour mon travail ! Merci à toi !

Et si tu lis cette newsletter par hasard et que tu souhaites t’y abonner, c’est par ici ! ——–> ICI

Sur ce, je te souhaite un joyeu mois de mars !

Elodie